Semaine du 10 mai 2012  -  N° 19

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Douglas Kennedy, le chouchou

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Un auteur spécialement apprécié de ce côté-ci de l’Atlantique aussiDouglas Kennedy est paraît-il l’écrivain américain préféré des Français. Et probablementaussi celui de beaucoup d’Européens au vu du succès phénoménal de ses romans sous nos latitudes.
En France, un de ses ouvrages a été adapté au cinéma, L’Homme qui voulait vivre sa vie, réalisé par Éric Lartigau, avec Catherine Deneuve, Marina Foïs, Romain Duris et Niels Arestrup, et en novembre prochain sortira La Femme du Ve, de Pawel Pawlikowski, avec Kristin Scott- Thomas et Ethan Hawke. Le 6 octobre dernier l’écrivain new yorkais a publié chez Belfond Cet instant-là, une histoire haletante et bouleversante qui se passe en grande partie à Berlin. Né en 1955 à Manhattan, Douglas Kennedy grandit dans l’Upper West Side, étudie à la Collegiate School (le plus vieux lycée de NewYork) et au Bowdoin College dans l’État du Maine, avant de partir un an au Trinity College de Dublin en 1974. De retour à New York, il devient régisseur dans des théâtres de Broadway. En mars 1977, entre deux productions, il décide de partir à Dublin pour rendre visite à des amis, où finalement il s’installe.
À Dublin, il devient cofondateur d’une compagnie de théâtre. Il rejoint ensuite le National Theatre of Ireland en tant qu’administrateur de la branche expérimentale. Il y passe cinq années (1978-1983), pendant lesquelles il commence à écrire, la nuit. En 1980, il vend sa première pièce à la chaîne de radio britannique BBC Radio 4. La pièce est aussi diffusée en Irlande et en Australie. Suivent deux autres pièces radiophoniques, également diffusées sur Radio 4.

Une trajectoire qui va l’inspirer

En 1983, il démissionne de son poste au National Theatre of Ireland pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Pour survivre, il devient journaliste indépendant, notamment pour l’Irish Times où il tient une rubrique de 1984 à 1986. En 1986, sa première pièce pour la scène est un échec désastreux, tant critique que public. Peu de temps après, l’Irish Times supprime sa rubrique. En mars 1988, il déménage à Londres, au moment où son premier livre, un récit de voyage, est publié. Deux autres suivront. Ces trois livres reçoivent un très bon accueil critique. Parallèlement, sa carrière de journaliste indépendant connaît également un essor. En 1994, paraît son premier roman, Cul-de-sac. En 1997, il est porté à l’écran par Stephan Elliott, le réalisateur de Priscilla, folle du désert. Son deuxième roman, L’Homme qui voulait vivre sa vie, connaît un succès international. Il est traduit en seize langues et fait partie de la liste des meilleures ventes. Son troisième roman, Les Désarrois de Ned Allen est aussi un best seller et un succès critique, traduit en quatorze langues. La Poursuite du bonheur marque un changement radical. Après trois romans que l’on pourrait décrire comme des thrillers psychologiques, il opte pour une histoire d’amour tragique. Il reçoit un excellent accueil critique et conforte son statut d’écrivain à succès, adulé en Europe. Ont suivi Rien ne va plus, Une relation dangereuse (Belfond, 2003) et Au pays de Dieu (Belfond, 2004), etc... Un de ses plus grands succès fut aussi Piège nuptial, une histoire incroyablement originale qu’on dévore de bout en bout et qui laisse ko! Parmi les prix et distinctions que l’écrivain américain a reçu, signalons son titre français de Chevalier des Arts et des Lettres en 2006.
L’attrait des écrits de Douglas Kennedy, outre le suspense, la réalité des personnages, est surtout son éternel questionnement, que ce soit sur l’humanité, l’Amérique bien-pensante, les hommes et les femmes, ou l’art. Il sait décrire comme personne et d’un oeil acerbe certains côtés des États-Unis, dénonçant notamment le paradoxe du puritanisme religieux. Il y a donc plus que le simple roman à suspense, ou d’amour. C’est au fond des mots que Douglas Kennedy entraîne le lecteur. Un grand auteur moderne, qui ne renie pas son passé, qui garde au fond de lui ses origines, mais qui ne triche pas sur l’humanité. De l’art de voir l’être humain dans sa réalité, avec ses défauts, ses désarrois, ses charmes, ses bonheurs, et ses malheurs.
Douglas Kennedy vit aujourd’hui entre Londres, Paris, Berlin et Wiscasset dans l’État du Maine où il a acheté une maison

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