Huldi Sprunger - du pied-de-biche aux petits fours Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Huldi Sprunger
Huldi Sprunger
Les Bois Couturière de formation, Huldi Sprunger est surtout dotée d’un sacré savoir-faire. Ses excellents biscuits ont tout bonnement la cote dans les Franches

«Vous avez des coquins, des macarons, des croquets aux flocons d’avoine... Je fais chaque fois neuf sortes.» En détaillant l’assortiment de biscuits qu’elle fait maison, Huldi Sprunger passerait sans mal pour une pro de la pâte à milan. Ses convives s’en délectent à chaque fois, et la souriante retraitée en amène couramment à qui l’invite. Relevons toutefois qu’Huldi Sprunger était au départ couturière. Dotée d’un savoir-faire tentaculaire, cette hôtesse hors pair a ensuite fait mouche avec les petits fours.Mais il est vrai que la pomme n’était pas tombée loin de l’arbre..
Le signe Kambly
«J’ai toujours aimé cuisiner. Je voulais en faire monmétier, mais on m’a dit que je n’aurais même pas la force de soulever une marmite. » Gourmande et débrouillarde, Huldi Steffen- Sprunger était ma foi une ado fluette, que son entourage a orienté vers la couture. Mais voilà que dans les alentours de son Langnau (BE) natal, la jeune fille débute sa formation à Trubschachen (BE), fief de l’illustre industrie Kambly. «On cousait parfois pour des dames qui travaillaient dans l’entreprise, et ça m’arrivait d’aller livrer des robes sur place.» Huldi par l’odeur alléchée? Un premier signe, du moins...
Option chocolat
Suite à une expérience mitigée chez un tailleur de la région, la jeune Bernoise évolue aisément dans de grands ateliers de la capitale. A la barbe de la fantaisie des sixties, elle habille quelques élégantes de l’époque. «J’étais dans la haute couture, et là j’ai eu l’occasion de coudre pour Mme Bloch, la femme du fabricant.» Après avoir paré l’épouse de Camille Bloch, Huldi n’écumera pas pour autant la firme chocolatière de Courtelary. Bien que l’envie subsiste quelque part, la jeune femme ne s’installera pas sur le versant romand du canton. Elle épouse un Franc- Montagnard et s’établit dès lors à La Chaux-d’Abel. L’aubaine Après huit années de vie agricole, Huldi et son époux cueuillent une opportunité soudaine. Changement de cap total pour le couple, qui se lance hardiment dans l’hôtellerie. «L’hôtel- pension de la Chaux-d’Abel était à louer, et on s’est dit que ce serait vraiment quelque chose de bien pour nous..» Une aubaine pour Huldi, qui flaire bien sûr la joie de se mettre aux fourneaux. Patente en poche, elle devient aubergiste et le restera jusqu’en 2004.
Carte de visite
«Pour les pensionnaires, je faisais beaucoup de biscuits pour Noël. Autour des 30 kg chaque année. Chaque soir, après le souper, on en servait au salon avec le thé. Le thé était payant, mais les biscuits étaient gratuits. C’était un peu notre réclame...» La carte de visite de la maison, à en croire Huldi, d’autant plus que ses petits gâteaux semblent y perdurer. Car la retraitée n’en offre pas seulement à ses invités. Elle livre volontiers quelques astuces à Agnès Frochaux, nouvelle tenancière de la pension.

Par Salomé Di Nuccio

 
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