«Ce n’est pas parce que je suis la gentille Suisse qui débarque que je suis importante et c’est comme ça que je veux que les choses se passent». Dans cette affirmation réside toute la saine philosophie de Maryline Nicoulin vis-à-vis de ses rapports avec les habitants des tribus indiennes qu’elle visite chaque année au moins une fois. Ce qui n’empêche pas que lorsque les enfants du village de Siriyoor la voient arriver, ils manifestent intensément leur joie, exactement comme s’ils accueillaient un membre de leur famille. Si la jeune femme se rend régulièrement en Inde du Sud - elle y était encore il y a trois semaines - c’est dans le cadre de l’association Little Angels qu’elle a créée il y a quatre ans, avec le soutien de sa famille. «Je suis allée en Inde pour la première fois en 2005 et j’y ai rencontré des membres d’une petite ONG 100% indienne, My Wa. Leur action se concentre sur l’aide primaire à des enfants de tribus qui vivent dans des villages reculés, quasi dans la jungle. Et c’est après mon deuxième voyage, en 2006, que j’ai créé Little Angels» confie-telle, comme si tout cela coulait de source... Des voyages dont elle tient à préciser qu’elle paie évidemment de sa poche. Son engagement auprès des enfants indiens est une suite somme toute logique de son parcours de vie. Née en 1982 à Porrentruy, Maryline se sent vite concernée par ceux qui ont besoin d’écoute, d’accompagnement. «En secondaire, j’avais fait un travail sur l’adoption en Roumanie et ce qui s’y passait m’avait vraiment choquée. Mon envie d’aider les enfants et de m’orienter vers une voie sociale ne m’a plus quittée». Elle obtient donc un CFC d’employée de commerce complété par une matu professionnelle, puis effectue une année de stage dans une institution. Elle intègre ensuite la Haute Ecole de travail social de Fribourg dont elle ressort diplômée trois ans plus tard. Elle est aujourd’hui intervenante en dépendance dans une structure d’aide sociale dans les Franches- Montagnes. Pas trop dur? «Non, je trouve ça naturel d’être à l’écoute. Il faut voir les gens tels qu’ils sont.»... L’évidence pour Maryline, c’est aussi de donner un coup de pouce à la soixantaine d’enfants indiens qui comptent maintenant sur elle. Son association agit en étroite collaboration avec My Wa, qui sert de relais entreMaryline et son comité, et les familles sur place. «Le plus grand besoin est la scolarisation. Pour aller à l’école, il faut prendre le bus. Et les parents n’ont souvent même pas de quoi nourrir leurs enfants tous les jours... Nous avons instauré un système de parrainage. Chaque parrain se voit «attribuer » un enfant qu’il soutient et dont il reçoit des nouvelles régulièrement. Avec un don de 100 francs suisses par année, on assure les trajets en bus pour l’école, deux repas minimum par jour et les soins médicaux. Lorsque je vais à Siriyoor, je n’amène rien d’extraordinaire. Je ne veux pas leur donner des choses qu’ils ne pourront pas avoir ou qu’ils dépendent de moi: on ne sait jamais ce qui peut arriver. Je respecte trop leur culture, leur bonté, leur sourire et leur générosité. Je veux juste les aider à vivre mieux, au sein de leurs familles qui les aime.» /htm CCP BCJ Porrentruy 25-63-7, en faveur de: Association Little Angels, c/o Maryline Nicoulin, Rte de Bressaucourt 65, 2900 Porrentruy.
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