Semaine du 02 février 2012  -  N° 5

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Rubriques - Les Gens - L identité jurassienne dépend aussi de son passé

L identité jurassienne dépend aussi de son passé

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Robert Fellner est le nouvel archéologue cantonal. Un poste qui lui permet de mener à bien sa mission de valorisation de l’archéologie régionale

L’archéologue cantonal a encore du pain sur la planche!Ce n’est pas tellement dans les habitudes de notre rubrique de jeter notre dévolu sur un personnage «public», ou du moins en charge d’une fonction «officielle ». Une fois n’est pas coutume, «Les Gens» de cette semaine donne la parole à Robert Fellner, nouvel archéologue cantonal mais avant tout archéologue tout court, tant les intérêts de l’archéologie qu’il sert et défend passent avant le titre. Pourtant, pas de grandes phrases emphatiques ou de discours hermétiques sur le rôle de l’archéologie jurassienne aujourd’hui. Non. Si la passion l’habite, Robert Fellner la vit d’une façon ordonnée et méthodique, extérieurement du moins... Discret, réservé même, extrêmement courtois, ce nouveau quinquagénaire a roulé sa bosse à travers le monde entier pour se poser un jour dans le Jura. Un chemin qui lui confère le statut de citoyen du monde, sans pourtant le revendiquer. Car Robert est né à Madison, dans leWisconsin (USA) en 1959. Lotti, sa maman, est argovienne et son père Carl, autrichien. Lorsque ses parents se séparent, il a presque quatre ans et se retrouve à Aarau, ville natale de Lotti qui décide de s’y fixer avec ses deux fils, Robert et Thomas, l’aîné. «A la maison, on parlait suisse-allemand, mais j’avais déjà commencé l’anglais et chaque année, je rendais visite à mon père aux Etats-Unis». Vers l’âge de 17 ans, l’envie de consacrer sa vie professionnelle à l’archéologie se confirme. «Je crois que j’ai toujours voulu faire ça. Le passé, l’histoire, la géographie ont été très tôt mes centres d’intérêt. Je me rappelle qu’un jour j’avais fait un trou dans le jardin car je savais qu’il y avait (peut-être) un élément de construction. Et je l’ai trouvé!» Donc départ pour les Etats-Unis où il effectue ses études à l’Université de Seattle et en sort avec un bachelor. «J’en ai eu marre tout à coup d’être là-bas. C’est sûrement une question de «programmation» sociale. J’ai été élevé en Suisse où l’interaction entre les couches de la population est différente. J’avais du mal à supporter cet individualisme très poussé, bien que d’un autre côté, les Américains sont pourtant très accueillants et ouverts.» Bien décidé à poursuivre sa formation par un master, il postule dans différentes universités de par le monde et choisit celle de Londres. Durant ces études postgrade, le futur docteur se fait la main sur différents chantiers, notamment en Suisse. C’est ainsi qu’il fouille périodiquement la terre jurassienne pour le compte de l’archéologie A16 qui en est à ses débuts. Ses compétences - il termine son master - et son expérience sur le terrain le désignent pour endosser la responsabilité du site d’importance de Courtételle-Tivila, de 1993 à 2004. «Un chantier vraiment très intéressant qui m’a beaucoup appris, autant du point de vue archéologique, historique, qu’humain. La collaboration avec d’autres archéologues engagés sur ce projet a été très motivante sur bien des plans. Il y avait une véritable émulation entre nous et une passion commune enrichissante qui a profité à nos recherches. Nous avons eu aussi la chance de pouvoir fouiller sur de grandes surfaces, grâce à l’immense chantier de la construction de l’autoroute ».
D’autres responsabilités
En 2005, Robert Fellner a l’opportunité d’accéder à une responsabilité supérieure, en s’investissant dans la direction commune de la Section d’archéologie, pour finalement reprendre le poste vacant d’archéologue cantonal en novembre dernier. Une fonction qu’il n’exercera plus qu’à 40% d’ici deux ans. «L’archéologie autoroutière sera en effet terminée. Mon rôle consistera alors à gérer le patrimoine archéologique, y compris celui d’avant l’A16, et conserver - si possibleles sites. Il faut inciter et encourager la construction hors de ces zones. C’est un patrimoine très important et non renouvelable qui est la mémoire de l’identité jurassienne. Je pense qu’il y a un réel intérêt de la population visà- vis de l’archéologie de notre région. Si on est patriote, on se doit de l’être aussi pour son passé»./htm Hélène Theurillat-Moll
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