Semaine du 02 février 2012  -  N° 5

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Rubriques - Les Gens - Alain Indermaur, aux frontières du mystère

Alain Indermaur, aux frontières du mystère

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Mordu de dessin depuis l’enfance, Alain Indermaur détient désormais le statut d’artiste-peintre professionnel. Il ouvre un deuxième atelier

Alain Indermaur dans son deuxième Atelier du Qu’Art à Villeret, là-même où il donnera des cours à thèmes.«Mon style est difficile à définir, parce que je suis entre l’abstrait et le figuratif. Je suis comme sur un espèce de fil entre les deux. J’essaie juste de donner quelques signes; sans trop aller dans le détail». Artiste-peintre aguerri, Alain Indermaur aime entretenir une part de mystère. Ses peintures portent les teintes naturelles de l’eau, de la terre; ses dessins des frontières insondables. Et c’est dans une ambiance quasi bohème qu’il accueille élèves et intervenantsdanssesateliers.
De Donald en dragon
«D’aussi loin que je me souvienne, je pouvais passer des soirées entières à dessiner. J’adorais ça!» Enfant de Saint-Imier où il nait en décembre 62, Alain Indermaur grandit avec la fibre artistique. Il dessine Donald et Mickey en tant qu’enfant, diablesses et dragons à l’adolescence. Peu enclin à reprendre la boucherie paternelle, il s’oriente vers la décoration. «C’est un métier quim’avait attiré parce qu’il y avait quand même un dessin à la base de tout projet. Un petit dessin qui donnera l’idée de ce que sera la réalisation définitive.» Un boulot plaisant, d’adéquation, qui comblera longtemps une partie de sa créativité.
Le flair de la belle-soeur
Etabli à Bienne pour des raisons professionnelles, l’Imérien peint pour le plaisir. Un loisir récurrent mais sans ambition. En 1986, il se voit proposer une expo. Flashée par sa peinture, une belle-soeur médiatrice lui suggère une présentation collective. A la Préfecture de Courtelary, plus précisément. Alain Indermaur relève le défi. «On s’est donnés une année; ce qui fait que j’y ai travaillé pendant... une année! J’ai essayé des matières et des supports différents, mélangé plein de trucs. J’ai fait comme une petite cuisine de découvertes. » Mise sur pied en 1988, l’expo est une réussite totale. L’impact est phénoménal, inattendu, jouissif! «J’ai pratiquement tout vendu le soir du vernissage! J’exposais 25 tableaux, et j’en ai vendu 23! Du coup... Je comprenais pas trop ce qui m’arrivait. Mais il y avait aussi les critiques et les échanges avec des gens qui voyaient mon travail. Je me suis tout à fait plu dans ce monde-là.» Après ce coup d’essai façon coup de maître, l’artiste envisage d’emblée d’approfondir l’aspect technique. Suivent alors cinq ans de cours intensifs, dans l’atelier du plasticien biennois Diego Smaniotto: «On avait la possibilité d’avoir la clé de l’atelier, et j’y passais généralement tout mon samedi».
Transmettre
Entre expo collectives et personnelles, Alain Indermaur fonde entre temps une famille, puis réemménage en Erguël. En 2003, il décide de transmettre son savoir. Il ouvre l’Atelier du Qu’Art, lieu de rencontres artistiques et d’expression personnelle: «C’était le grand saut. Il y avait d’une part l’envie de partager ma passion, mais aussi celle de retrouver une ambiance d’atelier. Parce qu’il y a toujours énormément d’échanges entre un prof et les élèves». Suite à une période de chômage, l’artiste cumule bon gré mal gré les jobs alimentaires. Peu satisfait, voire barbé, il remet sérieusement en question son devenir professionnel. «Maintenant, dans la décoration, c’est devenu très difficile de trouver du boulot. Mais il y avait l’atelier, ma peinture... Et c’est ce qui m’a parfois sauvé de la déprime totale». L’heure est donc au bis, et le second Atelier du Qu’Art s’ouvre dès le 3 mars aux élèves. Installé à Villeret dans l’immeuble d’une tantine, Alain Indermaur y donnera des cours à thèmes par modules. Et ceci au coeur d’une atmosphère version Montmartre.../sdn Par Salomé Di Nuccio
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