«Avec les animaux , la découverte est continuelle. C’est tout un univers de formes, de couleurs et de comportements». Propriétaire de l’animalerie Mikazoo à Delémont, Michael Schurch sait fort bien que le règne animal se décline en des milliers d’espèces et sous-espèces, et que chacune amène son lot de surprises, sa part d’insolite. «Avec tout ce qui se passe ici, on pourrait chaque jour écrire un roman». Dans l’attente d’un baby boom printanier singulier, il court au quotidien entre cages, aquariums et terrariums; aux petits soins pour la perruche comme l’octodon, prêts à conseiller sur ce qui convient au chat, au scorpion ou au serpent des blés. Et une fois de retour chez lui à Courrendlin, il retrouve en famille une toute autre ménagerie.
Installé à Courrendlin depuis près de vingt ans, Michael Schurch ramène couramment de nouveaux spécimens à la maison. Une manière de les découvrir in situ, à la grande joie d’Allan, 15 ans, et de Samantha, 12 ans. «Je les montre aux enfants et on les observe ensemble. On regarde ce qu’ils mangent, ce qu’ils boivent et comment ils se comportent avec eux». Quelques potes à pattes vivent toutefois chez les Schurch en permanence. Non loin d’une petite smala de lapins et de volatiles: la jolie chatte Hermione, le yorkshire Rox, chouchou de son épouse Caroline, ainsi que Falco, fidèle Berger belge Terwuren du maître de maison. Car s’il aime l’animal en général, Michael Schurch se passionne pour les chiens depuis l’adolescence. Alors qu’il se souvient avec plaisir de Fifi, un cochon d’Inde qu’il a choyé durant cinq ans dans sa chambre d’enfant à Boncourt, il parle avec émotion de son premier Terwuren, acquis à l’âge de 18 ans.
Enthousiasmé par ce nouveau compagnon, le jeune Michael est vite devenu membre d’un club cynologique. Le «Groupe du Berger allemand» en l’occurrence. Une sorte de point de départ. «J’ai voulu aller plus loin. J’ai participé à quelques concours, puis donné des cours d’éducation pour chiens». Il apprend ainsi la cynologie en autodidacte, tout en obtenant un premier CFC de ramoneur à Courrendlin, puis celui de contremaître en industrie à la coutellerie Wenger de Delémont.
Vers la fin des années 90, à la suite de soucis cardiovasculaires, Michael Schurch se voit contraint de quitter le monde industriel. Enclin à se réorienter efficacement, il décide d’allier ses compétences techniques à son savoir sur l’animal. «En ce temps-là, j’étais moniteur de dressage de chiens. J’ai eu l’opportunité de reprendre un petit commerce à Courrendlin, où il y avait surtout des aquariums et de la nourriture». Un premier Mikazoo, sur fond de pari, à l’époque, assez osé. «En 1999, le CFC de gardien d’animaux n’existait pas, puisqu’il a été créé en 2001. J’ai alors effectué énormément de stages dans plusieurs zoos. J’ai travaillé avec les animaux, et je me suis aussi rendu chez des éleveurs pour les observer».
Au fil d’une formation pratique progressive, le passionné s’intéresse peu à peu aux tendances, et conséquemment aux NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie), dont la cote d’amour avait littéralement explosé en l’espace de quelques années. Il décide dès lors de se lancer dans la grande animalerie. En août 2010, il transfère son Mikazoo à Delémont, au coeur d’une surface de 700m2. A même d’accueillir des centaines de spécimens, il crée un véritable paradis pour les amis des animaux. Un genre d’arche de Noé urbaine; une caverne d’Ali Baba pour tout amateur de NAC... Ce qui fleure, en quelque sorte, le second défi, puisqu’on ne tient pas une animalerie d’envergure comme une échoppe ordinaire. «Je suis sans cesse en formation continue. Pour voir les nouveautés, la nouvelle législation, les arrivages... Dernièrement, je suis parti pendant une semaine à Servion (VS), chez un grossiste en reptiles». Observations et cours s’avèrent multiples. Pointus, ciblés, ils concernent, entre autres, l’hygiène et la santé. «On doit suivre, par exemple, un cours vétérinaire sur les médicaments des poissons, parce que les vétérinaires ne connaissent pas assez les poissons pour en vendre». De plus, la nouvelle loi fédérale sur la protection des animaux, en vigueur depuis avril 2008, n’a pas facilité les conditions de détention. «C’est très compliqué et très restrictif! On a la loi la plus dure au monde».
Sans cesse axé vers la nouveauté, Michael Schurch collabore essentiellement avec des éleveurs régionaux. «Le plus possible locaux, et en tout cas suisses ». Soucieux de préserver la faune sauvage et la nature, il se rend fréquemment chez des spécialistes du coin, qui dans les règles de l’art, s’adonnent aux mutations les plus diverses. «Ce sont des gens admirables! Avec le génome, ils arrivent à des lignées et des traçabilités extraordinaires ».
Radieux dans son bel univers animalier, Michael Schurch nourrit aujourd’hui une ambition aussi modeste que légitime. Passer dès que possible le... CFC de gardien d’animaux. «On me reconnaît comme tel, j’ai toutes les autorisations, mais... je ne le suis pas. Ça fait bizarre et ça me dérange! Je pense que dans deux ans, je me présenterai comme apprenti libre pour le passer». Une série d’examens en guise de formalité, pour l’obtention d’un papier mille fois mérité.
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