Semaine du 16 février 2012  -  N° 7

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Rubriques - Les Gens - Dimitri Keller

Dimitri Keller

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Dimitri s’est déjà rendu en Chine à trois reprises.«On dit souvent qu’une vie d’homme ne suffit pas pour pouvoir visiter toute la Chine». Elève de 3e au Ceff Commerce à Saint-Imier, Dimitri Keller de Sorvilier s’est résolument mis au travail! Chaque vendredi soir depuis quatre ans, il suit deux heures de cours à l’Ecole chinoise (Chinesische Schule) de Bienne. Parmi de jeunes Chinois ayant grandi dans la région, il y apprend peu à peu le mandarin. Aujourd’hui quasi bilingue, il vient de prendre les rènes de la section romande de la China Switzerland Connection (CSC), un organisme créé en 2011, qui coordonne des sorties entre jeunes d’ici et étudiants chinois. «Pour qu’ils apprennent à se connaître et partager des choses».

  • Envie de dépaysement

Ravi de balader à présent de jeunes Chinois dans nos contrées, Dimitri s’est déjà rendu à trois reprises dans les leurs.
Domicilié à Sorvilier depuis cinq ans, Dimitri est né à Monible, puis a grandi à Pontenet. En ces bourgs à la tranquillité notoire, son envie de dépaysement s’est très vite manifestée. De plus, au contact d’une bonne copine chinoise, il a eu envie de papoter en mandarin. «A la base, mon intérêt n’était que linguistique. J’adore les langues, et quand on apprend une langue, on finit par s’impliquer dans l’histoire et la culture du pays». En tant que puissance mondiale multiculturelle et chargée d’histoire, la Chine a rapidement fasciné le jeune homme. Sa vision du monde a radicalement changé en 2009, lorsqu’en compagnie de l’amie chinoise, il a fait ses premiers pas à Pékin. «On trouve de tout en Chine! Je pense que c’est le seul pays au monde où l’on peut trouver tout ce qu’on veut».

  • Belles fringues et vrai canard laqué

Outre la richesse des traditions, Dimitri a craqué pour les tendances vestimentaires des jeunes Chinois. Une douce combinaison entre élégance et extravagance. «Sur le marché de la mode, je pense que les marques asiatiques s’imposeront sûrement dans le futur». Par ailleurs, il confie s’être régalé comme jamais d’un canard laqué. «C’était vraiment excellent! Très différent de ce qu’on peut manger en Suisse. Ici, on nous sert plutôt du carard rôti cantonais». En 2010, par l’intermédiaire de l’Ecole chinoise de Bienne, il s’est rendu une seconde fois dans la capitale, lors d’un camp organisé par l’Etat chinois. Introduit comme un hôte de marque au Parlement, Dimitri a pu assister au discours du Vice-Président Xi Jinping. Un souvenir mémorable; un privilège. «Même le Chinois le plus riche du monde n’est pas sûr de pouvoir entrer dans ce bâtiment ».

  • Expérience à Shanghaï

L’été dernier, dans le cadre d’un stage commercial requis par le CEFF Commerce, Dimitri a séjourné durant sept semaines à Shanghaï. Ce qui a été possible grâce à une bourse du Programme Pass’Jeunes du Canton du Jura, qui encourage les expériences à l’étranger. «J’ai demandé à mes contacts en Chine s’il y avait une place pour moi là-bas, puis j’ai poséma candidature auprès de Pass’Jeunes. Ils m’ont pris et j’ai alors fait d’une pierre deux coups. J’ai fait ce que l’école exigeait de moi, tout en profitant de ce programme pour vivre une très belle expérience de travail».
En arrivant seul à Shanghaï, le petit gars du Jura bernois a pourtant du s’adapter. Au sein d’une mégapole américanisée, il n’a pas retrouvé d’emblée la magie propre à Pékin. «C’est une ville qui ne représente pas beaucoup la Chine. Les gens sont très capitalistes. Ils sont plus axés sur l’argent que sur le côté humain». De surcroît, tout ne s’est pas passé comme prévu sur le plan professionnel. Amené à effectuer des travaux commerciaux dans la restauration, Dimitri s’est retrouvé la plupart du temps au... service. «Je ne dis pas qu’on m’avait menti, mais il y a eu un problème de communication. En fait... Ça n’a pas été très bien organisé». Bien qu’ayant pris du plaisir à ce job inattendu, Dimitri a du daredare trouver une seconde place de stage. «Même s’il y avait une bonne ambiance et que c’était rigolo de parler avec les clients, ça ne correspondait pas du tout à ce que l’école me demandait». Dimitri a ainsi débuté un second stage dans un centre artistique pour la jeunesse. Assigné à la réception du site, il a parfois accueilli de très jeunes participants. «J’étais le seul étranger, et les petits étaient très curieux. Je pense leur avoir apporté quelque chose. J’ai pu leur ouvrir un peu l’esprit».

  • A l’Uni chinoise?

Bien que maîtrisant déjà fort bien la langue chinoise, Dimitri a encore du pain sur la planche. Car miné de difficultés, le mandarin comprend communément 4000 caractères et quatre accents toniques. Un vrai défi lexicologique! «En chinois, les mots peuvent avoir plusieurs significations suivant comment on les prononce. Mais beaucoup de mots reviennent tout le temps, et ce n’est finalement pas si compliqué ».
Concernant ses futures études, ses idées sont déjà bien arrêtées. «Si je peux faire mon stage de matu en Chine, je pars en juillet prochain ». Que son souhait se réalise ou non, il compte s’inscrire, par la suite, dans une université de là-bas. Dans l’idéal: étudier la médiatique. Une perspective envisagée avec sérénité, mais sans tirer de plans sur la comète. «Je peux toujours revenir ici si ça ne joue pas. J’aurai en tous cas un beau bagage, et peut-être un plus par rapport à certains autres jeunes?» Sans doute...

Et encore...