«Je responsabilise énormément les gens, je les rebooste! Ce n’est pas parce qu’ils sont au chômage qu’ils valent moins que les autres». Convaincante jeune femme tramelote de 36 ans, Claudia Betti est formatrice d’adultes au CIPEntrame à Tramelan, entreprise de pratique administrative et commerciale du CIP (Centre Interrégional de Perfectionnement). Dans ce centre de réinsertion professionnelle, elle exerce avec coeur et dynamisme un métier en pleine expansion, en cette époque où l’individu est toujours plus amené à devoir se former tout au long de sa vie. Avec prévenance et efficacité, elle encadre de nombreux adultes au chômage, avec mission de les aiguiller au plus juste. Par immersion, essentiellement; sans l’assénement de théories dithyrambiques. «C’est en faisant que l’adulte apprend! J’en suis plus que convaincue et c’est ma devise comme celle de l’entreprise».
Détentrice du certificat modulaire principal BFFA (Brevet Fédéral de Formation pour Adultes) depuis 2009, Claudia Betti s’est formée durant six mois effectifs dans le cadre de son travail au CIP-Entrame. Ce qui lui a permis de jouir d’un financement de la part du CIP. «Si l’on travaille pour une institution qui donne la formation, elle est offerte aux formateurs. Mais elle sera sinon payante pour n’importe qui». Reconnue par la FSEA (Fédération Suisse pour la Formation Continue), Claudia est en mesure d’enseigner dans divers domaines. Il lui suffit pour ce faire de les maîtriser. «Je pourrais donner des cours de poterie, par exemple; comme ouvrir une boîte de coaching individuel». La jeune femme a choisi de rester fidèle à «sa vocation», en s’affirmant pleinement dans le secteur social. Dans ce contexte, elle doit faire preuve de patience, de sensibilité, d’esprit de synthèse et d’une bonne dose de psychologie, de manière à cerner finement tout interlocuteur. «Il faut être une bombe en communication! » A savoir qu’en ce sens, cette native de Tramelan est allée à bonne école...
Originaire d’Ombrie, une région voisine de la Toscane, Claudia est parfaitement polyglotte. Elle parle en tout cinq langues, et son parcours professionnel n’est pas des moindres. Elle a travaillé durant plus de dix ans à l’OCIAMT (Aujourd’hui beco Economie bernoise). En y faisant d’abord son apprentissage à Tavannes, avant de passer trois ans à Thoune, puis quatre ans à Bienne, où elle a vu défiler bon nombre de personnes en difficulté et traité des dossiers parfois complexes. Entre temps, une série d’expériences douloureuses ont façonné son tempérament. Le décès d’un de ses proches, notamment, mort des suites d’une overdose. La jeune femme a dès lors voulu étudier le phénomène des addictions. Pendant une année, elle a suivi des cours à Lausanne, aux fins d’obtenir un diplôme en polytoxicomanie. Ce qui lui sert aussi aujourd’hui pour son boulot. «D’après certaines réactions, je peux savoir si la personne a une dépendance et même laquelle».
Mais quel bon vent a soudain poussé Claudia à vouloir former des adultes? A la base de cette réorientation: une spectaculaire chute à skis en 2003, survenue en Valais lors d’une année sabbatique. «Mon genou gauche s’est plié en avant et tout a pété!» Aux nombreuses fractures s’associent des déchirures ligamentaires délicates, puis une noria de complications postopératoires. Jusqu’alors sportive et bourrée de punch, la jeune femme devra restée immobilisée durant 14 mois, et renoncer conséquemment à tous ses dadas. Dans l’incapacité d’effectuer son jogging matinal ou rien qu’une simple balade, elle ne peut ni danser la salsa, ni jouer au golf, ni même faire ses courses. En proie à l’ennui et aux coups de blues, elle prend peu à peu quelque 60 kilos. «Je gonflais déjà à cause des médicaments, et je commandais en plus des pizzas, des kebabs... Il n’y avait plus aucun sport et que de la malbouffe! »
Avide d’un renouveau, Claudia quitte Bienne pour se réinstaller à Tramelan. Elle s’inscrit dès lors au chômage. Encouragée par son conseiller ORP, elle s’informe d’emblée auprès du CIP, qui au vu de ses compétences et références lui donne sa chance. «Je me suis découvert une passion pour apprendre aux adultes et les coacher, tout en alliant mes connaissances sur les lois». Une combinaison qui s’avérera gagnante.
Dans l’attente, aujourd’hui, d’une validation d’un second module, Claudia compte bien obtenir le 3e, celui-là même qui lui octroiera le brevet fédéral de sa profession. Pour l’heure, nonobstant, elle poursuit l’excellent travail qu’elle effectue depuis trois ans au CIP-Entrame. En se projetant dans le futur d’une personne en quête d’emploi, elle imagine objectivement tous les paramètres possibles. «Il n’y a pas de sot métier, mais à chacun son métier», pourrait bien être sa seconde devise. «Il faut aussi penser au CV. Que va penser le recruteur en voyant, par exemple, qu’une juriste a passé deux ans à la caisse d’une grande surface?». Sur le plan personnel, l’année 2012 commence plutôt bien pour cette dynamique formatrice d’adultes. Outre se voir à la une de notre hebdo, Claudia est en passe de recouvrer son poids initial, grâce à l’aide efficiente d’une endocrinologue. De plus, elle file plus que jamais le parfait amour avec Manu, qui a carrément quitté sa Bretagne natale pour ses nombreuses qualités. Footing et danses latino attendront...
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