«C’est parfois difficile de dire d’où viennent les idées... Mais il me suffit de passer devant une affiche publicitaire, et d’être inspiré juste par une petite zone de l’affiche ». Technicien en plasturgie, Jean-Marc Marcellini sait fort bien canaliser son imagination. Elle lui sert avec pragmatisme dans sa vie professionnelle, tout en donnant une impulsion fantasque à sa passion: la peinture à l’huile. Aux portes du surréalisme, ses toiles offrent une plongée dans des eaux turquoises et lumineuses, que seules des baigneuses à la plastique transcendante pourraient troubler. Un univers éblouissant, trop parfait? Un monde à part; la dimension du rêve. «La peinture, c’est la liberté. Ça permet justement de réaliser les images qui nous passent par la tête».
Dans sa demeure de Courtelary, où il vit avec son épouse Evelyne et ses deux enfants, Jean-Marc Marcellini a installé son atelier sous les combles. En musique ou en silence, il y crée à son rythme, selon l’emploi du temps; fouillant généreusement dans sa sphère inconsciente. Sans oser faire irruption dans ce domaine lui appartenant, on se réfère aux éléments récurrents de ses toiles et on sonde à notre tour. Car auprès de ses ravissants personnages féminins, on retrouve fréquemment les fastes de la Grèce antique. Ses palais somptueux, ses ornements en marbre. «C’est une période de l’histoire que je trouve extraordinaire. Je trouve incroyable la maîtrise que les Grecs avaient pour façonner le corps humain, alors que mille ans plus tard, les artistes du Moyen-âge étaient si mauvais». Confidence faite du créateur, il reste l’envie de mieux cerner son parcours personnel.
Jean-Marc Marcellini a grandi à Cortébert dans une famille de bricoleurs. Et s’il est vrai qu’il dessinait très volontiers, il lâchait couramment les crayons pour lire Tintin et Astérix. «Ma grande passion, au départ, c’était la bande dessinée. J’aurais toujours voulu apprendre à en faire. Pour pouvoir maîtriser le corps des personnages; leurs mouvements, leurs positions, leurs différentes attitudes et l’expression de leurs visages». On ne réalise pas toujours ses rêves d’emblée, et le jeune Jean-Marc a d’abord jeté sa créativité dans l’art culinaire, pour l’oublier ensuite dans l’industrie de la matière plastique. En 1994, il redonne une chance à sa verve artistique. En fréquentant les cours de Diego Smaniotto à Evilard, il se sent pousser des ailes comme des idées. «Je me suis beaucoup inspiré de ses travaux».
Soucieux du détail et ennemi juré de la précipitation, cet amateur éclairé est devenu grand adepte de la peinture à l’huile. «Je trouve que c’est la matière la plus plaisante à travailler, et la plus malléable pour obtenir l’objectif voulu». A l’inverse de l’aquarelle, «laissant peu de place à l’erreur», ce médium lui permet les mille et unes retouches qu’il s’autorise sans retenue. «Avec l’huile, si l’on se trompe quelque part, on refait le mélange de couleurs, on recouvre et personne n’y verra rien». Plusieurs de ses tableaux détenaient d’ailleurs un tout autre sujet de départ. «Par le fait que l’huile sèche très lentement, ça permet de retravailler la zone que l’on peint. De la développer, de la changer ou de la transformer comme on le veut».
Admiratif face aux travaux surréalistes de Salvador Dali, Jean- Marc Marcellini aime différents styles de peinture. En fin observateur, il s’est intéressé au cheminement de Pablo Picasso, tout comme aux peintres géniaux de la Renaissance. Leonard De Vinci, Botticelli et autre Michelange, qui selon lui, ont fait oublier les croûtes de l’ère moyenâgeuse. «Quand je pense à la construction et à la structure de leurs tableaux, je ne me lasse pas de regarder des reproductions».
En tant qu’artiste non pressé et conséquemment peu productif, Jean-Marc Marcellini n’a exposé qu’à quatre reprises. Lors de collectives d’envergure, toutefois, dans des espaces tels que le CCL (Centre de Culture et Loisirs) à Saint- Imier et Moulin 4 à Courtelary. Auj o u rd’ h u i , l’envie d’exposer individuellement le titille de temps à autre. Pour ce faire, il planche d’ores et déjà sur une nouvelle série de créations. «Actuellement, mon envie serait d’intégrer plutôt des parties de corps à mes tableaux, et non plus une personne en entier». Quelques jolis membres épars, très certainement...
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