«J’aime beaucoup Maurane, Céline Dion, et aussi tout ce qui est lyrique. La Traviata, Farinelli... Je chante sinon un peu de tout. Heather Nova conme Evanescence, forcément...» Amatrice de rock alternatif comme d’opéra, Charlotte Morf de Courtelary est elle même chanteuse. La voix d’ADN2.0, en l’occurrence, groupe basé à Malleray, qui était en lice pour participer à la finale suisse du Concours Eurovision de la Chanson. Ses premiers fans la disent «classique inclassable», et la comparent d’ailleurs à l’Américaine Amy Lee, leader charismatique du groupe Evanescence qu’elle adore. «En général, c’est le premier retour que j’ai». De la voix mélodieuse à la chevelure de madonne, l’analogie n’a rien de présomptueux. Elle est même assez frappante, troublante. Sur scène du moins... Car à la ville, cette jeune femme de 21 ans affiche un look plus décontracté, passe-partout. Quitte à sauter du coq à l’âne. «Je change volontiers de style. Je peux arriver à une soirée complètement habillée en gothique, comme très à l’aise avec des pantalons larges ou très pin-up».
Au début de l’été dernier, Charlotte Morf s’est réimplantée dans le Vallon de Saint-Imier, qu’elle avait quitté en 2009 pour Neuchâtel. Au centre du village de Courtelary, elle vit à nouveau dans la demeure familiale. Làmême où elle a passé une partie de son adolescence, elle a rangé ses fringues d’adultes. Les jeans stone-washed, les dentelles noires et autres faux-cils de star; avec en prime les affaires de Selyan, son petit garçon de deux ans et demi. Pour la jeune chanteuse, 2011 est en fait une année charnière. Suite à une séparation, elle repart clairement à zéro, tant sur le plan affectif que professionnel. De plus, en tant que membre d’ADN2.0, de belles opportunités s’ouvrent à elle à l’échelon musical. Même si à moins d’un repêchage, le groupe ne représentera pas la Suisse au Concours Eurovision de la Chanson. «Si on est pris tant mieux et on fera la fête, mais si on n’y arrive pas, il y aura juste une petite frustration, puis l’envie de prouver qu’on peut arriver à quelque chose sans avoir besoin d’une émission».
Entre 2004 et 2005, Charlotte a suivi des cours de chant lyrique assidûment. Aujourd’hui, hormis les fréquentes répétions à Malleray, elle travaille sa voix de manière très naturelle. «Tous les jours, je chante des chansons qui me plaisent, selon mon humeur». A l’inverse de nombreux interprètes, elle avoue ne pas composer, n’éprouvant pas vraiment une ferveur d’auteur. «Quand j’écris, ça donne de l’Hélène Segara et ça ne me colle pas! C’est trop fleur bleue et ça me gonfle. Ça finit en général à la poubelle; en boule ou déchiré en mille morceaux».
N’ayant jamais joué d’un instrument, elle tente néanmoins de se mettre à la basse.
Avant d’intégrer ADN2.0, Charlotte a également pris part aux deux derniers shows de la troupe imérienne Saintimania. Une expérience sympa et enrichissante, à laquelle elle a pourtant renoncé cette année. «Je donne maintenant priorité au groupe. Ce serait sinon trop de travail, surtout que je recherche aussi à reprendre une activité au niveau professionnel».
Sans péjorer son rôle de jeune maman, Charlotte souhaite effectivement refaire une formation. Elle ne compte pas reprendre son apprentissage d’employée de commerce, lâché durant sa grossesse à 18 ans. « Je ne vais pas du tout repartir làdedans parce que ça ne me plaît pas». Très au clair désormais, elle se voit travailler dans un secteur social. Suite à divers stages en EMS, elle sent poindre une vocation d’assistante socio-éducative. «Je viens de faire un mois à la Roseraie à Saint-Imier. Jem’y suis beaucoup plu, et j’ai postulé pour l’année prochaine».
En 2012, le programme quotidien risque de s’avérer chargé pour la jeune chanteuse, et vecteur d’un renouveau assez radical. Mais il est vrai qu’à tout juste 21 ans, la vie est sans autre devant. D’autant plus qu’au sein d’ADN2.0, l’aventuremusicale ne fait que démarrer...
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