Semaine du 10 mai 2012  -  N° 19

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Rubriques - Les Gens - Claude Suter

Claude Suter

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Lorsqu’il ne voyage pas, Claude Suter bricole chaque samedi dans le local d’un ami à Courtelary.«Le courage de la goutte d’eau est d’oser aller se poser dans le désert». Nimbé de poésie et de réalisme, ce proverbe africain est cité par Claude Suter, mécanicien à Cortébert, qui en a fait quelque part son credo. Engagé dans un louable projet humanitaire, luimême amène son eau en des sites trop souvent oubliés par l’homme. En tant que membre, depuis trois ans, du comité de l’association Afrique Ecole Avenir (AEA), une ONG vouée à l’érection de structures scolaires au Bénin, il vient de passer deux semaines à Avrankou, un village de brousse près de la capitale officielle PortoNovo. Aux côté du président Claude Voisard de Courtételle, il y a inauguré un 3e bâtiment scolaire. Une BA et un voyage de plus, pour ce mécano baroudeur, qui a su allier le plaisir à l’humanitaire.

  • Du poivre sous les pieds...

Pigeon voyageur, aventurier et ennemi juré de la routine, Claude Suter vit officiellement à Cortébert, et travaille dans une entreprise en tant que mécanicien sur machines. Il jouit par chance d’un employeur permissif, «très compréhensif pour me lâcher de temps en temps quand je pars».
Depuis son retour, le mécano s’émerveille encore de l’enthousiasme des Béninois. Comme s’il était nourri par leur reconnaissance, chaleureuse et si particulière.
«Pendant l’inauguration du 3e bâtiment, il nous ont offert un super Djembé fait par les villageois. Pour eux qui sont très pauvres, le geste est énorme!»
Typique verseau Né à Bienne en février 1963, Claude Suter affiche un typique tempérament de verseau. Celui de l’individu altruiste, solidaire, fermement tourné vers la collectivité. On ne saura pas s’il partageait bonbons ou crayons avec ses camarades de classe à Cormoret, mais quelques années plus tard, sa passion pour les voyages a forgé à jamais sa vocation humanitaire...

  • Paradoxe

Pendant sa formation de micromécanicien, effectuée au «tech» (CEFF) de Saint-Imier, Claude Suter se montrait déjà assoiffé de dépaysement, de grands espaces et de liberté. A vélo, l’étudiant avait filé chez son oncle à Aigues- Mortes dans le Gard (France). Une virée au culot, première d’une longue série. «A partir de 18 ans, chaque fois que je disposais de 500 francs, je descendais dans le Sud avec ma deux-chevaux ». Peu enclin à trouver une stabilité professionnelle, le jeune Jurassien a cumulé dès lors les boulots «à l’arrache», vadrouillant en parallèle de par le monde. En 1985, il s’est même enrôlé durant six mois dans la Marine suisse.
Avant de découvrir la brousse béninoise, il a entre autres sillonné Durban, Hong-Kong, l’Ile de la Réunion puis le Maroc, ainsi que l’Inde et ses contrées limitrophes. Des séjours à court ou à long terme, durant lesquels il enseignait la plongée sousmarine. «J’ai vécu de ça pendant une année et demie». Entre merveilles universelles et bidonvilles, une prise de conscience avait en même temps grossi. «En 25 ans de voyages, j’ai vu beaucoup de choses dans beaucoup de pays. Il y a clairement à faire...» Le paradoxe l’écoeurait. Pendant qu’il voyait le tiersmonde crever de misère, les pays industrialisés se gaussaient, selon lui, de leur tropplein. «A mon avis, il y a ici un contraire qui est aussi très très grave».

  • Bientôt un calendrier

Grand voyageur, Claude Suter apprécie aussi de simples balades dans la nature jurassienne, et il s’évade même souvent en bouquinant. Par ailleurs, dans le local d’un grand copain à Courtelary, il passe pas mal de temps à bricoler des voitures. Des deux-chevaux qu’il adore, notamment. Mais lorsqu’il est dans la région, il officie bien sûr en tant que responsable d’animations pour ÆA. Afin de promouvoir l’association; il organise ponctuellement de petits événements populaires. Des vide-greniers, des lunch, des lotos... «On fait parfois des présentations dans des écoles». Le mécano confie en plus quelques talents de photographe. Durant son récent séjour au Bénin, il a pas mal mitraillé avec son appareil argentique. Les plus belles prises serviront d’ailleurs à illustrer un calendrier, prochainement vendu en faveur de l’association. Pour ce faire, Claude Suter a mis de sa poche une certaine somme, puis bénéficié de l’aide d’un réseau d’amis chaux-de-fonniers. «Vu que c’est pour notre association, un petit magasin de photocopies nous a fait un super bon prix. On essaiera d’en faire une centaine». Actuellement en phase de réalisation, le calendrier sera disponible dès le 15 novembre. Reste que sur le plan humanitaire, Claude Suter rêve de s’engager encore davantage. «Je me suis toujours dit qu’à 50 ans... Je ne ferai plus que ça!». Quitte à lâcher définitivement l’Arc jurassien? «Si je trouve un truc intéressant à faire, en étant payé un minimum tout en en faisant beaucoup».

www.afrique-ecole-avenir.ch
Infos: 079 460 69 56 (Entre 17h30 et 20h30)
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