Semaine du 10 mai 2012  -  N° 19

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Rubriques - Les Gens - Maurice Juillerat

Maurice Juillerat

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Maurice Juillerat et sa deuxième Alfa Arna, une voiture fabriquée en 1984 et aujourd’hui assez rare.«Le pilotage, ce n’est pas de faire du 200 sur l’autoroute! C’est bien plus difficile de passer correctement un virage serré à 80 km/h!» Et c’est un pilote aguerri qui le dit, en l’occurrence aussi un passionné, un fou de course si l’on osait le terme... Car il est vrai que lorsqu’on croise Maurice Juillerat dans une foule, ou qu’on le rencontre au détour d’un chemin de campagne en compagnie de son chien Atesh - feu en turc - , on ne l’imagine pas forcément au volant d’une voiture de course, dûment casqué et ganté, les yeux rivés sur le parcours sinueux d’un rallye de montagne! Et pourtant: Maurice a consacré la plus grande partie de ses loisirs à sa passion automobile et, à tout juste 70 ans, continue de se faire plaisir à bord de son Alfa Arna, une voiture pour le moins originale et aujourd’hui quasi introuvable!

  • Dans le rang

Né à Delémont en 1941, Maurice est un garçon - apparemment - sage et raisonnable. Il est le cadet de Marie-Claire et de Pierre, ce dernier employé dans un garage de la ville. «C’est lui quim’a transmis cet intérêt pour les voitures. Plus âgé que moi de cinq ans, il participait à des rallyes de régularité et dès mes 15 ans je l’accompagnais, rongeant mon frein de prendre àmon tour le volant ». En attendant,Maurice se faisait plaisir comme il peut: «on habitait à l’époque à la route de Bâle et lors de la construction du garage du Ticle, je regardais pendant des heures, fasciné, la progression de cette construction que je trouvais vraiment magnifique!».
A ce stade, on se dit qu’il était tout naturel que le jeune homme cède à sa passion et embrasse une carrière de mécanicien par exemple. «C’est ce que je voulais par dessus tout! Mais les profs du collège s’en sont mêlés et au vu de mes excellentes notes, ils ont conseillé à mes parents de me trouver une voie plus «tranquille» et plus sûre». Plus politiquement correct en somme.
Donc direction la banque, où Maurice accomplira un parcours sans faute jusqu’à sa retraite. Son apprentissage et plus tard son emploi bancaire ne lui font pas renoncer à son rêve: courir et gagner des courses! «Dès que j’ai pu, je me suis achetée un Dauphine Gordini, un vrai bolide qui ne tenait pas la route! Je l’ai d’ailleurs démolie en évitant un piéton à Courtételle. Sylviane, ma future femme, était dans la voiture avec moi mais malgré cette entrée en matière mouvementée, ça ne l’a pas empêchée de m’épouser!». Maurice remet donc l’ouvrage sur le métier et acquiert une autre voiture, puis une Golf 1 et participe à toutes les belles compétitions de la région, de Suisse et à l’occasion, change de décor pour aller tourner sur quelque circuit français. «J’aimais particulièrement des courses comme Roche d’Or, Saint-Ursanne/La Croix, Develier/Le Sommet, des épreuves qui ont malheureusement disparues en raison des nouvelles directives de sécurité et des contraintes en matière d’équipement».
Si aujourd’hui Maurice court toujours, il fait équipage bien souvent avec son fils Jean-Yves, qui a contracté lui aussi le virus familial au point qu’il est titulaire d’une licence nationale. «Ilm’a conseillé d’achetermavoiture actuelle, une Alfa Arna, en raison de sa suspension. Une voiture qui est tellement moche qu’elle n’a pas marché et qui a donc été peu fabriquée! Mais elle a l’avantage d’être facile à entretenir, vu que je m’occupe des services et de toute la mécanique moi-même. La première, je l’avais eue pour 200 francs en Suisse allemande! Je l’ai détruite lors d’un accident au slalom de Moudon et j’ai eu la chance d’en retrouver une autre dans la région bâloise».

  • Le jazz et la grande musique

Mais dans la vie deMaurice, il n’y a pas que les nombreuses coupes glânées au fil des victoires automobiles. Certes, en homme comblé il consacre aussi une grande partie de son temps à sa famille, son épouse Sylviane, sa fille Isabelle et son fils Jean-Yves ainsi que sa petite-fille Aude, tout en gardant une place de choix pour la musique et spécialement le jazz. «Mes parents ont acheté notre première radio en 1948. Le soir, on écoutait ainsi de la musique en famille. Mon père jouait d’ailleurs de l’euphonium barython et moi j’ai suivi.» Dès l’âge de 14 ans, c’est à la trompette qu’il s’exprime au sein de la fanfare Municipale de Delémont. Puis il découvre le jazz et ne le lâche plus: «avec des copains on jouait le week-end à travers toute la région dans un groupe qui s’appelait les Blue Moon. Le dixieland c’est pas mal mais j’ai vite évolué vers le swing et le jazz «moderne» comme Miles Davis que j’adore».
Si aujourd’hui Maurice ne fait plus chanter sa trompette - «sauf pour l’anniversaire de mon épouse» - il est toujours aussi mélomane et fait partie depuis cinq ans du comité de Piano à Saint-Ursanne, un festival classique qui comble son besoin de grande musique et de contacts amicaux.
Car si la course automobile est une passion solitaire, Maurice Juillerat met aussi son expérience et son goût pour la conduite au service des autres, comme chauffeur bénévole pour l’AJMIR, l’Association jurassienne des malades insuffisants rénaux. En vrai homme de bien et de coeur

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