«Après la mort de son copain le coq noir, Marc n’avait plus qu’un canard comme compagnon. Pour lui, ce n’était pas vraiment beaucoup. Maintenant, il est mieux. Il est avec des copains et il joue avec». Devant la basse-cour agrandie du domaine familial à La Chaux-d’Abel, Arthur Gasser est aux anges. Rappelons que dans notre édition du 7 avril 2010, ce jeune passionné de volatiles nous présentait son fidèle pote à plumes Marc, un jars ramené par sa maman de la Foire de Chaindon. Marc a maintenant trois nouveaux copains, et avec l’arrivée en septembre de la poulette Pink, Arthur s’est dégoté une nouvelle complice à la crête rose. «Maintenant, ce serait bien que Marc puisse aussi avoir une vraie copine oie. J’espère l’avoir dans quelque temps. J’ai mis 30 francs de côté pour aller en chercher une au Peuchapatte».
Agé maintenant de dix ans et demi, Arthur voue toujours la même passion aux bêtes à plumes. Et dans l’attente d’une femelle pour Marc, la basse-cour actuelle se compose d’un jars, quatre canards, trois coqs, neuf poules et deux poussins, pour lesquels le jeune maître est aux petits soins. L’intérêt infantile n’avait donc rien d’une lubie. Arthur affiche d’ailleurs aujourdhui une maturité éloquente, confiant qu’il s’identifie à ses protégés. «J’ai toujours aimé les volailles parce qu’elles savent voler. Quand j’étais petit, j’aimais les aigles et je voulais essayer de voler comme eux». Sa maman lui avait proposé une virée en avion. «Je lui ai dit que je n’avais pas envie d’aller en avion. Je voulais avoir des ailes pour pouvoir voler!»
Sa première poule venait de Saint-Brais, et il l’avait innocemment prise pour un rapace. «Elle vit ici depuis sept ans, et c’est la poule la plus âgée de la bassecour ».
Quoique mordu de bêtes à plumes, Arthur a grandi parmi une kyrielle d’animaux domestiques, et sa famille possède même deux alpagas. Aîné d’Alexandre, 9 ans, et Marie-Madeleine, 5 ans, l’écolier aime en fait chaque espèce ou presque. «Je n’aime juste pas trop les renards et les éperviers, parce qu’ils veulent trop fouiner vers les poules». Mais Marc veille au grain depuis son arrivée, et si Arthur devient vétérinaire comme il le souhaite, il pourrait devoir soigner un jour la patte d’un goupil.
Déjà tourné vers l’avenir, Arthur se montre pour l’heure un élève studieux. Il vient de débuter sa 5e année dans le privé. A l’Ecole Steiner de Bienne, plus exactement. Pour fréquenter cette institution dans le canton de Berne, il quitte chaque matin La Chauxd’Abel à 06h39. Par le biais des CJ (Chemins de Fer du Jura), il se rend à La Chaux-de-Fonds pour y grimper dans un second train. Un parcours de petit combattant, quasiment, sur plus d’une heure de trajet. «J’arrive à Bienne à 7h42, puis à 7h45, il y a le bus qui part vers la vieille ville». En suivant tous les cours dans la langue de Goethe, Arthur apprend peu à peu l’allemand par immersion. Un avantage certain, qui lui permet de devenir bilingue. «Je parle le bon allemand, mais je préfère quand même le Schwyzerdütsch».
Bien intégré en classe, le jeune Jurassien a sympathisé avec Louis, un petit Biennois qui partage un peu la même passion que lui. De par cette amitié, Arthur a compris l’avantage de vivre à la ferme. Car lorsqu’on aime poules, coqs et bouvreuils, la proximité des pâturages se veut un trésor. «Je suis content d’habiter dans les Franches- Montagnes. Ce n’est pas comme dans une ville. Même Delémont, par exemple, je trouve que c’est un peu trop grand pour moi».
Si le jars de la famille Gasser aura bientôt une belle oie blanche comme compagne, son jeune maître pourrait ne pas tarder à tomber amoureux. «Il y a une fille du Noirmont qui me plaît bien...»
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