«On nous dit souvent que les Romands sont un peu en retard par rapport aux Suisses allemands. En Romandie, les gens ont un autre esprit en ce qui concerne les fleurs. Ils veulent qu’elles tiennent super longtemps. Pour les Suisses allemands, il faut qu’elles plaisent au moment où ils les offrent. Même si elles ne tiennent pas plus que deux jours». Employée chez un fleuriste de Saint-Imier, Cynthia Knobel n’évoque pas sans raison l’optique actuelle du fleuriste alémanique. Car la jeune femme aura tantôt une importante carte à jouer Outre-Sarine. En mars prochain à Lucerne, elle participera pour la première fois au Championnat suisse des Fleuristes. Au sein d’un quatuor de finalistes romands, elle sera la seule représentante de l’Arc jurassien. Face à la suprématie récurrente des Lémaniques, le défi n’en sera que plus grand. «C’est bien qu’il y ait quelqu’un de la région, et pas seulement des Genevois et des Vaudois».
Férue de compositions florales, Cynthia Knobel aime tant les roses que les herbes follettes. Sa préférence va toutefois aux petites espèces odorantes telles que les pois de senteur, ainsi qu’aux fleurettes aux tons pastel, «délicates » et printanières. «Tout ce qui fait assez nature et qu’on peut ramasser». Dans un quartier tranquille en Erguël, son chez-elle s’ouvre d’ailleurs sur des décors frais et forestiers. De l’entrée au petit bureau, le règne végétal est omniprésent. Une authentique brindille par-ci, un cep fantaisiste par-là.
Née à Tavannes en 1984, Cynthia a essentiellement grandi à Renan, où elle a très vite arrangé ses premiers bouquets. «Avec mes cousines, on allait facilement choisir des fleurs pour les anniversaires de ma grandmère ». Les fleuristes n’étant pas rares dans la famille Knobel, une vocation du genre n’a pas surpris grand-monde.
Suite à quelques stages convaincants, Cynthia a débuté son apprentissage dans un grand magasin chaux-de-fonnier. Reste qu’en choisissant une belle profession, elle n’a pas opté pour la facilité. Le métier de fleuriste intéresse fortement la jeunesse, mais n’est pas la planque que certains imaginent. «C’est aussi un métier physique. On porte toute la journée du lourd. Rien que des vases ou des arrosoirs remplis d’eau, ça fait vite plusieurs kilos».
La station debout est quasi constante; le répit plutôt fugace. «Il n’y a pas un jour où l’on ne sait pas quoi faire...» De plus, avoir le pouce vert se travaille et ne suffit pas. Il convient d’être inventif en faisant preuve de goût, et la créativité est devenu un atout fondamental. Ceci de manière à concevoir des merveilles naturelles, aux fins d’en mettre plein la vue avec simplicité. Rien qu’en jouant subtilement avec nuances et matériaux. «J’avais suivi un cours près de Morges, au milieu de la forêt. Le but était de ramasser ce qu’on y trouvait pour en faire quelque chose de beau».
Après avoir travaillé deux ans dans un magasin de Porrentruy, puis trois ans et demi à Genève, Cynthia a trouvé par chance un emploi à Saint- Imier. Ce qui lui a permis de rester durant la semaine dans le Vallon, près de sa famille et de son petit ami Lionel.
Par faitement intégrée aujourd’hui à sa nouvelle équipe , elle sert aussi une clientèle fidèle et sympa. Elle tient à cette sphère professionnelle , et a foncièrement envie d’y faire long feu. Au point qu’à long terme, la jeune fleuriste n’ambitionnerait pas d’ouvrir sa propre boutique. «Je me sens bien en tant qu’employée!» Pour l’heure, elle attend surtout le thème du Championnat suisse, qu’elle devrait connaître d’ici deux mois.
Mais il n’est jamais trop tôt pour rêver... En cas de triomphe en mars prochain, Cynthia représentera la Suisse au Championnat d’Europe en 2013. Et pourquoi pas, finalement? Si un superbe lustre végétal lui a valu sa qualification nationale, une prochaine confection pourrait aussi faire mouche, non?
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