Semaine du 10 mai 2012  -  N° 19

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Rubriques - Le billet - Technicienne de surface

Technicienne de surface

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Ces dernières années, la manière de désigner les professions a changé.

Un coiffeur aura longtemps été coiffeur mais il est depuis peu « hair designer ». Un jardinier est devenu paysagiste, une concierge, gardienne d’immeuble, un cantonnier, employé de la voirie, sans parler de la travailleuse du sexe.

On ne trouvera bientôt plus un poste de secrétaire. Les assistants, chargés de mission et autres agents administratifs ont pris la place pour effectuer le même travail.

On pense aussi à ce pataquès de théoriciens de l'éducation qui ont heureusement échoué à transformer les apprentis en ce néologisme pédant : « apprenants ».

Et que dire de cette féminisation de tous les métiers, de la mairesse à la professeure, voire la professeuse ? Grevisse ironise : les mouvements féministes actuels « exigent que les femmes soient reconnues en tant que femmes, donc sous une dénomination féminine, non sans quelque dédain pour les pionnières ni sans blâme pour celles et ceux qui ne sont pas entièrement convaincus (et qui ne sont peut-être pas minoritaires) »1. Cafetier et sapeur-pompier, on doit dire comment au féminin ?

Dans beaucoup de métiers, les connaissances proviennent de générations de prédécesseurs-euses (!) mais on semble de nos jours avoir honte de le dire. Paraître moderne, peu importe qu’on le soit ou pas, serait le nec plus ultra. Dans les faits, qu’est-ce qu’apportent ces nouvelles dénominations de métiers à la qualité du travail, au salaire, à l’égalité ? Le nettoyeur serait-il moins bien traité que l’ « agent de propreté CFC » (termes officiels) ?

Plutôt que d’améliorer le fond des choses, le politiquement correct étouffe la réflexion. Et, pour le dire sans la même hypocrisie, on en a ras-le-bol !

MERCUTIO

Et encore...