Une étude concernant le stress relate un entretien :
- J’étais malade, je pouvais à peine me déplacer. Mon cousin s’est chargé de mes commissions.
- En quoi cela a-t-il été une aide ?
- Il m’a consacré deux heures et demie. »
Voilà une réponse inattendue et touchante de sincérité. Elle a de multiples facettes.
D’abord, ce n’est pas toujours pour les raisons qu’on croit que les problèmes sont résolus ou apaisés. L’essentiel n’est pas que le cousin ait apporté du lait, des gaufrettes, des poireaux et des « Zwiebacks ». Par son geste, il a exprimé de l’estime pour la personne malade (« Il m’a consacré deux heures et demie ») et cela vaut infiniment plus qu’un cabas de la Migros.
En allant un peu plus loin, on peut remarquer que, dans notre société qui bouge plus qu’elle ne réfléchit, le temps devient un luxe. Le consacrer à quelqu’un présente une importance qu’on oublie. Sous un angle plus négatif, cela signifie peut-être aussi que le « chacun pour soi » prend une telle ampleur qu’il est extraordinaire de donner sans contrepartie de son temps aux autres ; que cela surprend ou choque presque...
Cette réponse constitue également un signe pour chacun d’entre nous, voire un appel. Quand je l’ai lue, je l’ai ressentie ainsi : concrètement est-ce que je saurais être disponible afin de faire les commissions d’une personne peu proche qui en aurait besoin ? Prenons-nous le temps d’amener chez l’opticien la voisine de droite qui n’a pas de voiture ou d’assister aux obsèques du voisin de gauche que nous ne connaissions guère mais qui nous avait toujours témoigné de la chaleur ?
Gagner ou perdre deux heures et demie n’est qu’une question de point de vue.
MERCUTIO