Semaine du 10 mai 2012  -  N° 19

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Rubriques - Le billet - Bonne année !

Bonne année !

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« Quelle bonne résolution tu prends pour la nouvelle année ? » Cette amie rit en répondant : « J’ai déjà pris celle d’en prendre une mais je ne sais pas encore laquelle ! »

Voilà une étrange coutume propre à notre monde occidental. Le passage d’une année à l’autre est l’occasion de s’engager vis-à-vis de soi-même à améliorer son comportement.

Même le gouvernement américain fait figurer sur son site Internet1 une liste des bonnes résolutions qui sont populaires au fil des années, par exemple obtenir un meilleur travail ou économiser de l’argent. Comme c’est touchant... On ose à peine imaginer notre gouvernement faire pareil.

Bien entendu, prendre pour soi-même une bonne résolution ne fait de mal à personne. Mais, cette année, j’ai pris celle d’être un peu grincheux, alors...

Regardées de près, les résolutions les plus fréquentes2 sont profondément égocentriques, des clichés de nos désirs terre-à-terre : perdre du poids, arrêter de fumer, faire plus de sport, être heureux, etc. On n’entend pas souvent l’altruisme d’un « ma bonne résolution est d’aller rendre visite chaque semaine à grand-maman Sophie au home ».

Si on s’engage soi-même à s’améliorer, à quoi sert-il de le dire aux autres, parfois avec tambours et trompettes durant le réveillon ? Au mieux à s’amuser ; au pire à se vanter ; entre les deux, à renforcer un engagement qu’on n’est pas sûr de pouvoir tenir tout seul.

Enfin, pourquoi vouloir devenir une personne meilleure seulement durant quelques heures (allez, quelques jours) chaque année ? Quel malheur si notre bonté n’est que momentanée.

Et si la meilleure des bonnes résolutions était de ne pas en prendre ?

MERCUTIO

Et encore...