Semaine du 10 mai 2012  -  N° 19

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Risques calculés

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Aujourd’hui, un peu de maths. Nous avons une chance sur 8'145'060 de cocher les six bons numéros sur quarante-cinq de la loterie, soit 0,0000123 % de chance. En d’autres termes, nous avons moins de chances de toucher le gros lot que de téléphoner au hasard à n’importe quel citoyen suisse et de tomber précisément sur le cousin Alphonse à Vuisternens-devant-Romont. C’est encore pire à l’ « Euromillions » : une chance sur 116'531'800 de cocher les cinq numéros et les deux étoiles qui sortent, soit 0,000000858 % de chance. Avec de tels taux, ose-t-on encore parler de chance ?

J’entends déjà les réactions.

D’une part, ce coup de génie publicitaire de nos voisins français : « 100 % des gagnants ont tenté leur chance ». Pour y répondre avec un même slogan niais : 100 % des perdants l’ont aussi tentée. Et ils sont beaucoup, beaucoup plus nombreux.

D’autre part, la loterie romande se prévaut de redistribuer des bénéfices à des organismes culturels, d’action sociale, pour la jeunesse, etc. N’est-ce pas se donner une fausse bonne conscience ? On fait miroiter des gains aussi gigantesques qu’improbables au cousin Alphonse, qui joint difficilement les deux bouts, afin de financer une exposition avant-gardiste de peinture contemporaine. Tiens, voilà déjà une personne, le peintre, qui a gagné sans être dans les 100 % qui ont tenté leur chance... Quant au cousin Alphonse, il a encore moins de chances d’aller voir une telle exposition que de gagner à la loterie. Est-ce justifié de financer la culture par des jeux d’argent ?

Un internaute malicieux a lancé sur Facebook qu’il a plus de risques d'être frappé par des débris de satellite qui retombent sur terre que de chances de gagner à la loterie1. Mathématiquement il a tort. Mais il fait une belle comparaison.

Mercutio

Et encore...