Semaine du 10 mai 2012  -  N° 19

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Sortie de scène

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Au café, mon voisin de table dit avec sérieux : « Je n’aimais pas Micheline Calmy-Rey ». Les médias titrent alors sur le retrait de la conseillère fédérale. « Ah !, vous la connaissiez ? » « Pas personnellement » répond-il dans sa barbe.
L’imparfait qu’il emploie est amusant : il ne l’aimait pas. Donc, pour lui, elle est morte en quittant, non, pire, en annonçant qu’elle quitte le Conseil fédéral.
Voyons donc ce qui ne lui plaît pas chez elle. D’abord sa politique en général. Mais, par l’entremise des médias, un citoyen peut-il réellement saisir la politique d’une ministre dans un gouvernement collégial ? Alors son comportement cassant avec ses collaborateurs. S’il ne la connaît pas, en quoi cela le concerne ? Sa coiffure étrange, son sourire souvent forcé, sa chansonnette dans « Les coups de cœur d’Alain Morisod » ; eh ben !, voilà des arguments massue afin de condamner une politique...
Deux choses sont sûres : mon voisin de table n’aime pas Calmy-Rey mais il ne sait pas exactement pourquoi. Son sentiment gratuit montre que l’image semble aussi importante que la compétence chez un politicien. Calmy-Rey a cultivé à outrance cette image et mérite sans doute cette réponse simpliste du berger à la bergère.
Il faut que j’avoue que, moi non plus, je n’aime pas Calmy-Rey, pour un motif tout aussi inconséquent que ceux de mon voisin de table : elle ne m’a jamais inspiré confiance. Je sais, c’est aussi stupide que de reprocher à Burkhalter de trop farter ses skis ou à Schneider-Ammann de louper une béchamel.
Et dire que des inconscients voudraient que le peuple élise les conseillers fédéraux. Ils auraient dû prendre un café avec nous.

Mercutio

Et encore...