Semaine du 10 mai 2012  -  N° 19

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Un choeur

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Quelques lignes neutres dans la presse locale: un choeur cesse ses activités. Ses membres se sont résignés à mettre fin à l’Ensemble vocal Kneusslin.
On peut tenter de chercher les raisons de cette disparition au sein de ce choeur : sa direction et ses organes ont-ils, ces dix dernières années, toujours été à la hauteur ? Ou les voir ailleurs, dans la concurrence et l’appétit d’un ou des autres. Ou encore chez des choristes inconstants qui voguent d’un projet à l’autre. Il y a sans doute un peu toutes ces raisons.
A quoi bon analyser? Mieux vaut pour lui rendre l’âme que continuer à péricliter dans la douleur. Portons un dernier regard. Ce choeur a débuté en 1957 autour d’une future mariée qui a rêvé d’une messe de Schubert pour la cérémonie. Quelques chanteurs se sont réunis à cette occasion. Puis les années ont défilé. On repense à la grandeur de cet ensemble vocal, en particulier à un quarantième anniversaire où le directeur d’alors, qui soulevait les chanteurs en semblant jouer sa vie à chaque concert, quittait le choeur avec un Requiem de Mozart bouleversant. Un vieux choriste m’avait dit à l’époque: «Tu sais, ce choeur, c’est pour moi un peu comme un de mes enfants».
Quel contraste... D’un côté, cette étincelle du début, les temps forts, des années d’investissement, l’affection paternelle d’un choriste; de l’autre, l’apparente indifférence qui entoure la fin de leur aventure et qui la rend d’autant plus cruelle. Nous vivons une époque faite de plaisirs assouvis rapidement, qui néglige son passé et les attaches. L’Ensemble vocal Kneusslin est mort à cinquante-quatre ans. Comme il l’avait souvent chanté, c’est un «jour plein de larmes que ce jourlà ».

Mercutio

Et encore...