Un peu de Stévia dans votre café crème ?

Grâce à son haut pouvoir sucrant, cette plante intéresse les chercheurs

StéviaConnaissez-vous la Stévia? Cette plante est en passe de détrôner les édulcorants synthétiques que l’industrie alimentaire commercialise pour sucrer nos boissons et nos desserts sans calories. Autorisée dans plusieurs pays, notamment en France, elle fait l’objet d’études et de restrictions dans d’autres, comme en Suisse. Stevia rebaudiana Bertoni est une plante originaire de la vallée du Rio Monday dans les hauts plateaux du Paraguay, non loin des chutes d’Iguazu dans la région transfrontalière entre le Brésil, l’Argentine et le Paraguay. Les indiens Guarani ont utilisé pendant des siècles l’espèce Stévia rebaudiana dans leur alimentation et comme plante médicinale. Ils l’appelaient «ka’a hé’e», ce qui signifie herbe sucrée, et l’utilisaient pour adoucir l’amertume du maté.
Un pouvoir sucrant 300 fois supérieur au sucre!
Elle a été décrite pour la première fois en 1899 par le scientifique suisse Moises S. Bertoni. (1857-1929). En 1931, des chimistes français ont isolé les hétérosides qui donnent son goût sucré à cette plante: les steviosides et les rebaudiosides. Ces molécules ont un pouvoir sucrant compris entre 250 et 300 fois celui du sucre! Au début des années 1970, les Japonais ont commencé à cultiver la stévia pour remplacer les édulcorants artificiels, tels que le cyclamate ou la saccharine, suspectés d’être cancérigènes. Ses feuilles, le liquide extrait de ses feuilles et les stéviosides purifiés sont utilisés comme édulcorants et commercialisés au Japon depuis 1977. Ils représentent 40% du marché des édulcorants en 2005 dans ce pays, qui est le plus grand consommateur de stévia au monde. La stévia est maintenant cultivée et consommée dans de nombreux pays d’Asie: Chine (depuis 1984), Corée, Taiwan, Thaïlande et Malaisie. On la trouve aussi en Amérique du Sud (Brésil, Paraguay, Argentine et Uruguay) et en Israël. La Chine est actuellement le plus grand producteur de stévioside.
D’indéniables qualités
Grâce à son pouvoir sucrant très supérieur au sucre, cette plante a attiré l’attention des chercheurs. La plante a montré un potentiel pour traiter l’obésité et l’hypertension. De plus, elle a un effet négligeable sur l’augmentation de glucose dans le sang et a même démontré une capacité à diminuer l’intolérance au glucose. La plante peut donc fournir un édulcorant compatible avec les régimes pour diabétiques et les régimes hypoglycémiques. Cependant, des controverses politiques et médicales (certaines populations sud-américaines lui conféraient des vertus abortives) ont limité sa disponibilité dans de nombreux pays, dont les États-Unis qui l’ont d’abord interdite dans les années 1990, jusqu’à ce qu’elle soit présentée comme complément alimentaire. Une forme purifiée en poudre extraite de la stévia, le rébaudioside A, est agréée en France en tant qu’additif alimentaire depuis le 6 septembre 2009 par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments./com Et en Suisse ?
En ce qui concerne les feuilles de stévia utilisées comme édulcorant, le Comité scientifique de l’alimentation humaine (CSAH ou SCF) de la Commission européenne n’est pour l’heure pas en mesure d’affirmer qu’elles ne présentent aucun danger pour les consommateurs, faute de données scientifiques suffisantes. Au vu des connaissances actuelles, certains composants de cette plante pourraient être nocifs. Par conséquent, la stévia est uniquement autorisée comme ingrédient dans des tisanes, et ce en quantités minimes. Tout autre usage de la plante ou des feuilles est interdit dans les denrées alimentaires. Pour ce qui est de l’extrait de Stevia rebaudiana possédant un fort pouvoir sucrant, la situation est différente. Cet extrait contient notamment du stévioside et du rébaudioside. Vu l’usage qui en est fait, ces deux glycosides de stéviol tombent dans la catégorie des additifs, plus précisément dans celle des édulcorants. Comme ils ne comptent pas au nombre des additifs autorisés, qui figurent dans l’annexe 1 de l’ordonnance sur les additifs (OAdd), leur utilisation doit faire l’objet d’une autorisation au cas par cas./admin.ch